27 mai 2014 – Formation sur les enjeux des semences

Formation enjeux sur les semences APAD

Le mardi 27 mai 2014, l’APAD Sanguié a dispensé une formation sur les enjeux des semences au sein de sa Ferme Ecole basée à Réo. Plus d’une quarantaine de paysans venus des villages de Nantouli, Bonyolo, Koroly, Kinkiankly, Beliampoun, Goundi, Toega, Goumedyr, Zoula ont fait le déplacement pour bénéficier de cette formation.

La formation d’une journée a porté sur les thèmes suivants :
1. Présentation des trois types de semences et de leurs caractéristiques respectives :
A) les semences paysannes traditionnelles reproductibles,
B) les semences hybrides / « améliorées »,
C) les semences OGM.
Des explications ont été apportées aux paysans sur le rôle de la semence paysanne reproductible et ses multiples bienfaits, puis sur la procédure de fabrication des semences hybrides, des semences améliorées et des OGM.

2. Présentation des brevets et des DPI (Droits de Propriété Intellectuelle), des outils législatifs internationaux qui permettent à des grandes firmes agrochimiques de s’accaparer des variétés végétales et ainsi de « breveter le vivant ». En effet, 75% des espèces potagères brevetées appartiennent à seulement 5 firmes semencières au niveau mondial, au premier rang desquelles figure la multinationale états-unienne Monsanto.
Pour inscrire une variété au Catalogue Ouest Africain des espèces et variétés végétales (COAFEV), il faut obtenir le Certificat d’Obtention Végétale (COV) ou le Droit d’Obtention Végétale (DOV), et il faut notamment que les variétés soumises à l’examen d’entrée au catalogue respectent les critères de Distinction, d’Homogénéité et de Stabilité (DHS). Cette procédure exclut donc les variétés paysannes, qui sont par définition hétérogènes et instables car évolutives et adaptables dans le temps. L’OAPI (Organisation Africaine de Propriété Intellectuelle) dispose d’une autre réglementation qui autorise un droit de propriété sur les semences des variétés protégées.

3. Présentation des moyens de lutte et de résistance contre ces règlementations iniques. Quatre propositions de lutte pacifique ont été proposées aux paysans :

A.) Continuer à produire et à transmettre de génération en génération les semences paysannes traditionnelles.

B.) S’abstenir de payer les semences hybrides, « améliorées » et les OGM, qui menace l’autonomie du paysan en l’exposant à la dépendance envers les grandes  firmes semencières.

C.) S’organiser en fédération ou en réseau paysan, afin de défendre la semence paysanne reproductible.

D.) Pratiquer l’agroécologie ou l’agriculture biologique, seuls modèles de production agricole durables qui permettent l’autonomie des paysans.

Cette présentation a donné lieu à de riches échanges entre les participants, et l’APAD se réjouit que les paysans formés se sentent autant concernés par des thématiques qui mettent en danger des millions de paysans à travers le monde.

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